En B, j’ai lu « L’élégance du hérisson » de Muriel
BARBERY, un roman philosophique assez plaisant. Je n’ai pas grand chose
d’autre à en dire. Il faut le lire, c’est un ouvrage qu’on ne peut pas résumer. Au fil des
pages, on découvre les habitants de l’immeuble du 7 rue de Grenelle, à travers les réflexions et les pensées profondes de Renée,
d’une part, concierge conforme à l’image que l’on se fait des concierges, mais
qui lit Marx et Kant, qui fait le test de la mirabelle sur la table en formica
de sa cuisine, …et, de Paloma, 12 ans, d’autre part, jeune fille supérieurement
intelligente qui n’a plus d’illusions sur la vacuité et l’ineptie de
l’existence adulte…
La première considère le caniche comme totem. Pour la
seconde, c’est le chat !
Le chat ici-bas
Ce totem moderne
Et par intermittence décoratif
Je vous livre une des réflexions de Paloma, faisant suite à
la pensée d’un collègue de son père, invité au dîner, qui disait : « Ceux
qui savent faire font, ceux qui ne savent pas faire enseignent, ceux qui ne
savent pas enseigner enseignent aux enseignants et ceux qui ne savent pas
enseigner aux enseignants font de la politique. »
"Mais moi, je crois que cette phrase est une vraie
pensée profonde, justement parce que ce n’est pas vrai, en tout cas pas
entièrement vrai. Ça ne veut pas dire ce qu’on croit au départ. Si on s’élevait
dans la hiérarchie sociale en proportion de son incompétence, je vous garantis
que le monde ne tournerait pas comme il tourne. Mais le problème n’est pas là.
Ce que veut dire cette phrase, ce n’est pas que les incompétents ont une place
au soleil, c’est que rien n’est plus dur et injuste que la réalité
humaine : les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les
actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c’est la maîtrise du langage.
C’est terrible, parce que, au fond, nous sommes des primates programmés pour
manger, dormir, nous reproduire, conquérir et sécuriser notre territoire et que
les plus doués pour ça, les plus animaux d’entre nous, se font toujours avoir
par les autres, ceux qui parlent bien alors qu’ils seraient incapables de
défendre leur jardin, de ramener un lapin pour le dîner ou de procréer
correctement. Les hommes vivent dans un monde où ce sont les faibles qui
dominent. C’est une injure terrible à notre nature animale, un genre de
perversion, de contradiction profonde."
Un livre à lire, assurément ! Il s’agit du deuxième
roman de Muriel Barbery, née en
1969. Le premier s’intitulait « Une gourmandise ».
Edit du 17/04/2008 : je viens d'apprendre que "l'élégance du hérisson" va bientôt être mis en images... Josiane Balasko campera Renée, la brillante concierge, dans l'adaptation de ce roman de Muriel Barbery que réalisera Mona Achache à partir du 15 septembre prochain. Affaire à suivre !