Des WC en BD !
« Que cherchons-nous lorsque nous nous y rendons ? De la clarté pour ne pas penser à toutes ces profondeurs obscures qui font coalition et quelque chose sur le sol pour accomplir notre devoir sans faire pénitence en se gelant les pieds, spécialement lorsqu’on s’y rend de nuit.
Le papier toilette, lui aussi, aspire à la canonisation. Je trouve beaucoup plus probante cette marque de richesse que la possession, par exemple, d’une Maserati ou d’un coupé Jaguar. Ce que le papier toilette fait au postérieur des gens creuse bien plus largement l’abîme des rangs que maints signes extérieurs. » *
Contrairement aux WC de M. Kakuro Ozu, chez moi, quand on tire la chasse d’eau, la musique ne se déclenche pas… Il n’y a pas de Confutatis du Requiem de Mozart !
Mais pour agrémenter l’endroit, ni « marbre ni fioritures — faiblesses bien souvent des nantis qui tiennent à rendre somptueux tout ce qui est trivial — » * …Il y a des BD !
Oh, je sais, ce n’est pas très original. Mais, chez moi, il y a dans les WC des étagères garnies de nombreuses BD… Enfin, en nombre raisonnable… La superficie de l’endroit n’étant pas équivalente à celle d’une bibliothèque !
Mais voilà… A force de monter debout sur la lunette pour attraper de quoi s’occuper l’esprit le temps de couler un bronze, les enfants ont cassé le siège. Heureusement, une visite chez le Roi et son enchanteur Merlin suffit à réparer les dégâts.
Je suis donc allée voir le Roi et Merlin… C’est la raison pour laquelle je me suis retrouvée avec un bidon de 5 litres de lasure en passant à la caisse…
Il faut bien reconnaître que mettre de la lasure pour entretenir portes et fenêtres est le genre de travail qui laisse la tête libre…
« Or, une des caractéristiques de notre espèce est que notre cerveau se croit toujours obligé de fonctionner, même quand il ne sert à rien : ce déplorable inconvénient technique est à l’origine de toutes nos misères humaines. Plutôt que de se laisser aller à une noble inaction, à un repos élégant, tel le serpent endormi au soleil, le cerveau de la ménagère, furieux de ne pas lui être utile, se met à secréter des scénarios débiles et prétentieux… » **
Entre deux couches de lasure, j’ai ainsi imaginé refaire la porte des toilettes (qui était restée telle que nos prédécesseurs dans la maison nous l’avaient laissée…) et résoudre d’un seul coup d’une part, le problème de lunette cassée et, d’autre part, celui de l’inaccessibilité des BD aux moins de 12 ans !
Début du chantier dans la matinée, il faut enlever la peinture existante et le rectangle de papier peint déchiré qui trône au centre de la porte… pour camoufler un trou dans l’agglo ! (Encore un vice caché !!!).
Un peu d’huile de coude et la surface devient impeccable…
Une revue de Toons et un pot de vernis colle plus tard…
La porte est terminée ! L’application des BD au vernis colle n’a pris que 2 petites heures, le temps de la réflexion pour la mise en page… Et le séchage est presque immédiat, la porte a été terminée dans la soirée.
Et voilà ! Un seul inconvénient à noter : la visite de l’endroit ne relève plus du simple soulagement et certains y passent un temps… plus que nécessaire, ce qui irritent les autres, en autonomie réduite, du fait des litres de thé et de café absorbés dans la journée !
@+
* « L’élégance du hérisson » de Muriel BARBERY
** « Hygiène de l’assassin » d’Amélie NOTHOMB
(NB : si vous en avez assez, faut le dire ! J’arrête de lire !!! )
Par Kriska, Jeudi 15 Mai 2008 à 14:26 GMT+2 dans Bricolo-bidules (article, RSS)







