Reprendre le travail après le CPE

Finalement, j’ai confirmé ma demande de place en crèche. Les frères et sœur de Bébé sont allés en crèche, et je pense sincèrement que ce système est bon eux. Cela leur donne un début de socialisation hors du cercle familial avant d’entrer à l’école, en classe maternelle.
Malgré tout, j’ai aussi renouvelé pour un an mon congé parental. Certes, cela ne règlera pas le problème de garde pendant les deux mois et demi d’été l’année prochaine… en 2009.Mais je ne me sens pas prête à reprendre le travail… Et ce n’est pas seulement parce que je n’ai pas eu le temps d’aller chez le coiffeur ou que je n’ai pas encore perdu mes kilos superflus ! Pendant encore un an, j’ai envie de ne pas perdre ma vie à la gagner…
Et puis, il y a aussi que... je ne me sens plus à la hauteur !
Outre les kilos qui m’obligeraient à renouveler ma garde-robe de femme active pour aller au bureau, le problème est plus grave ! C’est le syndrome de la femme au foyer et de l’injustice sociale sur sa valeur et sa disponibilité au travail.
J’ai l’impression que le monde du travail est devenu plus exigeant et plus difficile aujourd’hui, que mes diplômes sont devenus trop vieux, et je me sens comme une débutante disqualifiée face à mes collègues.
Je ne cherche nullement à me dévaloriser… Je ne me sous-estime pas… Mais je sais qu’en reprenant mon poste, il me faudra tout reprendre à zéro et m’investir à 100 % pour y arriver. Il me faudra à nouveau faire mes preuves ! Ça, je le sais !
Même si je n’ai pas besoin de stages de remise à niveau ou équivalent, le chemin sera malgré tout long à parcourir dans la mentalité de l’employeur, et de la hiérarchie en général, pour retrouver ma place d’avant. Ça, je le sais aussi !
Aurai-je la volonté et l’énergie de me battre pour cela ? Aujourd’hui, je me le demande…
Pour tout un chacun, et surtout pour un employeur, une femme au foyer qui reprend le travail reste une mère au foyer ! Elle n’abandonne pas pour autant son métier de mère. La vie quotidienne doit nécessairement continuer… On compte sur elle à la maison ! Mais on compte aussi sur elle au bureau !
La triptyque « Métro-Boulot-Dodo » s’ajoute alors à celle existante du « Frigo-Lessives-Bobos », elle ne la remplace pas… Il faudra donc que j’arrive à tout faire, tout en conservant une part d’attention et de dialogue, nécessaire à Chéri et aux enfants.
Il y a sûrement plein de femmes qui y arrivent… Je me demande pourquoi je me pose tant de questions…
Ce qui me fait peur, c’est ce que l’on attend de moi… Le stress et l’angoisse professionnelle me gagnent déjà alors que je viens d’envoyer ma demande de prolongation pour le CPE… alors que je sais que j’ai encore un an devant moi pour y penser…
Mes expériences passées devraient pourtant me rassurer. J’ai survécu à 4 plans sociaux et 2 fusions-absorptions, ainsi qu’à l’atmosphère stressante qui en a découlé, aux modifications des conditions de travail, aux déménagements et aux changements d’organisation, la charge de travail étant toujours accrue à l’image des objectifs fixés…
Finalement, je devrais me dire que j’ai les épaules assez larges pour concilier ma vie professionnelle et ma vie personnelle. C’est même une chance d’avoir une famille pour maintenir mon propre équilibre et ne pas finir par vivre au bureau au milieu des dossiers. A cause de la famille, je serai bien obligée de rentrer chez moi en sortant du bureau, au lieu d’aller à la cafétéria/cantine ou au club de gym du CE. Même s’il me faut une nutrition saine et une activité physique régulière pour être en forme, on est quand même mieux chez soi !
Reste à gérer tout cela au mieux ! Ce n’est pas une mince affaire et cela repose encore sur les épaules de Bibi ! Et il ne faut pas oublier les enfants… Si les modes de gardes des enfants se sont développés chez nous ( je veux dire dans la société actuelle), c’est quand même sur moi qu’en pèse l’organisation et la gestion. Et cela demande beaucoup d’énergie, croyez-moi.
Une fois l’organisation mise en place, il y a les aléas… Les appels de l’école ou de la crèche, que l’on reçoit au bureau… Les jours enfants-malades qu’il faut intégrer dans son emploi du temps… Un absentéisme relatif, mais inévitable, qui me fait peur aussi à cause des réflexions des collègues… et de la hiérarchie qui doit préalablement signer l’autorisation d’absence…
Ah ! Si l’école ou la crèche assumaient pleinement leur rôle auprès des enfants, je pourrai partir le matin avec l’esprit tranquille… Le retour à la vie active est déjà suffisamment difficile face à une hiérarchie peu compréhensive et parfois cynique, sans avoir à en rajouter avec des accidents de cour de récréation !
On ne fait pas de cadeau aux mères de famille qui travaillent. On les attend au tournant. On attend qu’elles se plantent pour leur mettre le nez dedans. La moindre gaffe va pouvoir être montée en épingle…
Et pourtant, la mère de famille fait de son mieux ! Quand elle ne travaille entre midi et deux, elle ne va pas chez le coiffeur ou dans son club de gym pour garder la forme et perdre les calories qu’elle n’a de toute façon pas prises, puisqu’elle a sauté le repas pour aller au supermarché. La mère de famille, entre midi et deux, va faire les commissions pour gagner du temps !
Elle fait de son mieux. Elle bosse à fond, rapporte des dossiers à la maison quand elle n’a pas de réunions tard le soir. Les enfants vont devoir apprendre leurs leçons tout seul et manger des surgelés… Est-ce que cela en vaut la peine ?
Mais il va quand même falloir que je retourne au bureau… dans un an… C’est reculer pour mieux sauter, je sais ! Mais la société n’aide pas la femme au foyer qui a des enfants, laquelle pourtant coûte moins cher que l’ouverture de places en crèche avec le personnel de puériculture qui va avec…
Par Kriska, Lundi 7 Avril 2008 à 16:04 GMT+2 dans Humeurs et coquecigrues ! (article, RSS)







