Bon Anniversaire !
Bon Anniversaire Ephraïm !
C’est l’anniversaire du Sapeur Camember ! Il a 164 ans aujourd’hui !
Un anniversaire tous les quatre ans seulement, ça ne s'oublie pas, même à son âge ! D'où le nom du journal La Bougie du Sapeur... J’aurais pu attendre un chiffre rond pour vous en parler, c’est sûr… Mais, on ne sait jamais, si j’attends jusque là, je ne serai peut-être plus là !
Voyons voir, un chiffre rond, en fêtant son anniversaire tous les quatre ans... Il faut que j'attende qu'il ait 180 ans... Dans 16 ans !... Où serais-je ?...
- Non ! Fous tefinez pas, mossieu Gamempre ?...
- Ça, mam’selle, c’est bon-z-à savoir !
Personnage créé par Christophe (Georges Colomb
1856-1945), un des précurseurs de la bande dessinée, Camember est né le 29
février 1844 (d’où le titre du journal « La Bougie du Sapeur »
choisi en hommage à ce personnage) et fut déclaré à la mairie de Gleux-lès-Lure
(Saône-Supérieure). Il fut inscrit sous les noms de François-Baptiste-Ephraïm
Camember, fils d’Anatole Camember, cultivateur, et de Polymnie Cancoyotte, son
épouse.
Les facéties du sapeur Camember ont fait rire des générations. Aujourd’hui, cet humour a un peu vieilli, certes. Mais il a encore son charme et peu nous faire rire… Enfin, j’espère ! En voici quelques extraits :
« - Le colonel est-il visuel, mam’selle Victoire ?
- Foui ! mossieu Gamempre, ché fiens té le voir… tans son gabinet… il é…grivé.
- Pas possible ! le colonel il… ?!!
- C’est gomme ché fous le tis, mossieu Gamempre.
- C’est-y malheureux ! pense Camember en courant chercher le major… Crevé ! Un homme si z’aimable ! Ainsi, pas plus tard qu’à ce matin, il m’disait z’à moi-même, en me tirant la barbe : Mon brave Camember, tu ne seras jamais qu’un z’imbécile.
Arrivée devant le major (ben oui, vous n’avez pas les dessins et je n’ai toujours pas de scanner donc il faut bien que je traduise l’image !)…
- M’sieu l’major… l’colonel… l’père duy régiment… qui se portait à c’matin comme vous et moi… eh ben ! paraîtrait qu’pour l’estant il s’aurait déshabitué de souffler, vu qu’il a reçu sa feuille de route pour l’autre monde, sans billet d’retour.
La fatale nouvelle s’étant répandue avec la rapidité de la foudre, le major, muni de sa trousse et flanqué des officiers du régiment, fait irruption dans le cabinet où le grand chef achevait fort tranquillement un rapport.
- Ah ça ! espèce de dromadaire ! pourrais-tu me dire ce que signifie cette plaisanterie ?
- Mon colonel, c’est mam’selle Victoire, qu’elle m’a dit : « Je viens de voir le colonel ; il est crevé ! »
- Oh, mossieu Gamempre, gémit Victoire, citée à comparaître, c’est pas chentil te faire arrifer tes misères à une bôvre cheune fille innocente… Ch’ai pas tit : « Le golonel il est grevé »… ch’ai tit : « Le golonel il égrivé… avec une blume, quoi ! »
Une improvisation brillante.
Résultat : Camember passe au Conseil de guerre pour insulte à un supérieur. Son avocat, maître Bafouillet, se lève et plaide :
« Messieurs, comme l’a fort bien dit Bossuet, notre maître à tous, il n’est si petit ruisseau qui ne finisse par porter ombrage !
« Si l’on en croyait l’acte d’accusation qui, de son doigt sévère, nous a plongé sur ce banc d’infamie, messieurs, nous aurions frappé le major Mauve dans l’exercice de ses fonctions… Or, dussé-je faire rougir vos cheveux blancs, ce n’est pas à cet endroit-là que nous avons atteint l’honorable docteur. »
L’Avocat. – Condamnerez-vous ce héros qui, à Austerlitz…
Le Président. – Mais, maître Bafouillet, l’accusé n’était pas né à l’époque d’Austerlitz.
L’Avocat. – Eh bien, à Marengo…
Le Président. – Encore bien moins.
L’Avocat. – Alors, messieurs, jetons un voile sur ce passé glorieux ! Songez à son pauvre père, à ce vieillard octogénaire qui a déjà un pied dans la tombe et qui, de l’autre, a toujours marché dans le sentier de la vertu !…
…Ce n’est pas, messieurs les membres du Conseil, à de vieux singes comme vous et moi qu’on apprend à faire des grimaces, et, qu’il le veuille ou non, je vois bien d’ici l’œil du commissaire du gouvernement qui m’écoute et qui rit.
…La vie, hélas ! n’est qu’un tissu de coups de poignard qu’il faut savoir boire goutte à goutte ; et, je le dis hautement, pour moi le coupable est innocent ! »
A la suite de cette émouvante plaidoirie, Camember est acquitté.
Un médicament qui se trompe d’adresse.
« Je suis drès ogupée, mossieu Gamempre. Bourriez-fous me rendre un service ? – Avec vélocipèle, mam’selle Victoire ! – Alors, allez chercher une burge pour la golonelle, mais une burge qu’on ne la zentirait bas basser ! Fous m’entendez pien ? »
« Mossieu le Phormachien ! S’que vous n’aureriez pas une purge qu’elle serait itérative et que nonobstant on ne la sentirait pas passer. – Si fait, monsieur le sapeur, donnez-vous la peine de vous asseoir… Je vais vous chercher cela. »
« Et en attendant, pour vous faire passer le temps, faites-moi le plaisir et en même temps l’honneur, monsieur le sapeur, d’accepter ce verre de sirop ! – Vous êtes bien honnête, m’sieur l’Phormachien ! »
Cinq minutes après : – « Et cette purge, mossieu le Phormachien ? –vous n’avez donc rien senti ? – Moi ? non ! – Eh bien ! vous venez de la prendre ! ce sirop que… - Tonnerre ! hurle Camember indigné, c’était pas pour moi ! c’était pour la colonelle ! »
Le colonel : – « Alors espèce de kanguroo, tu te permets d’ingurgiter les médicaments destinés à la colonelle ! Tu vas aller trouver poliment l’adjudant-major, et tu le prieras humblement de te mettre immédiatement et pour huit jours consécutivement à l’abri du soleil. »
Livré à ses réflexions, Camember, qui se sent tout remué, monologue mélancoliquement. « Mille millions de coupe-choux ! gémit Camember à l’ombre, en voilà une farce qu’est pas à faire ! Il aurait pu attendre deux ou trois jours, le colonel… ! Vrai ! »
Une réflexion amère du sapeur.
« Que faisais-tu dans le civil, Camember ?
– J’ai été cordonnier, mon colonel…
– Alors tu dois savoir peindre des volets… Donc tu vas me repeindre ceux de ma maison. »
Et voilà pourquoi notre pauvre sapeur se trouve dans la situation élevée que représente l’image (assis sur une nacelle, il repeint les volets).
« Petits voiseaux qui z’êtes dans le feuillaââge
Ousque murmure l’onde du clair ruisseau…
Chantez, chantez dedans le vert bocaâââage
Le gai printemps….. Le gai printemps…..
Epoque du rrrrrre….. nouveau…..
…..du rrrrrrenouveau…. Hem ! du rrrenouveau ! »
« Nom d’une bombe ! est-ce qu’il y en a encore beaucoup comme ça à faire ?… Une, deusse, troisse, quatre… ! J’arriverai jamais au bout ! Camember, mon ami, t’en as pour jusqu’au jugement dernier. Et dire que ça n’te s’rait pas arrivé si tu n’avais pas fait la bêtise de dire que t’étais cordonnier ! »
Et les hirondelles purent voir le sapeur donner les signes d’un amer découragement, et les moineaux piailleurs l’entendirent murmurer mélancoliquement : « C’est pas pour dire ! Non ! positivement c’est pas pour dire !… »
« Qu’est-ce gui n’est bas pour tire, mossieu Gamempre ! dit une voix harmonieuse.
– Tiens ! Vous étiez là, mam’selle Victoire ?
– Voui ! che vous gontemplais, mossieu Gamempre !
– Eh bien ! C’est pas pour dire ! Mais c’qu’y d’vait s’emb…nuyer quéqu’fois, l’nommé Raphaël ! »
Allez ! Ça suffit pour aujourd’hui ! Parce que je ne sais pas si vous arrivez à lire facilement mais moi, j’ai beaucoup de mal à écrire le charabia de ce héros qui portait la hache et le tablier à la fin du Second Empire… J’espère que vous vous êtes bien amusés !
Par Kriska, Vendredi 29 Fevrier 2008 à 11:24 GMT+2 dans Humeurs et coquecigrues ! (article, RSS)






