A chacun sa tâche !
A l’école, j’avais étudié la tectonique des plaques… Pas la polémique des tâches !
La ligne de partage des eaux… Pas la règle du partage des tâches !
Résultat, aujourd’hui, je me suis laissée déborder. Bien sûr, Chéri me donne un petit coup de main de temps en temps, le week-end, quand il peut… Mais je sens bien que le cœur n’y est pas ! Ce n’est pas un vrai travail d’équipe !
J’ai appris récemment qu’il y a 30 ans, les femmes assuraient 75 % des tâches ménagères (Ben, je croyais que c’était 100 %, comme chez moi !). Aujourd’hui, sur 100 minutes de travail domestique, elles n’en assurent plus que 65 %. Ouaaahhh ! Quel progrès ! Nous avons gagné 10 mn en 30 ans… 10 mn de temps libre ? ? ! Mais au fait, ça fait combien de minutes par jour…
Vous allez me dire : « c’est normal, c’est toi qui est à la maison ! » Oui, d’accord, vous répondrai-je… Mais quand j’étais encore dans la vie active (parce qu’aujourd’hui, ce n’est plus de l’activité peut-être ? ! ), et bien, c’était déjà pareil ! Le partage des tâches dans le couple repose donc sur autre chose, mais quoi…Peut-être est-ce une question d’éducation ? ? ? Le père de famille, harassé par une dure journée de labeur, rentre à la maison pour se mettre les pieds sous la table et le repas doit être prêt à l’heure… Si la soupe est trop chaude, ça ne va pas ! Si elle est trop froide, c’est pire ! On se croirait transportée au milieu de la forêt, avec ma copine Boucle d’Or, dans la maison des trois ours ! Mais non, nous sommes à Wisteria Lane…
Dans la cambuse, Chéri ne sait pas faire. Peut-être, éventuellement, si le couteau n’est pas trop loin au fond du tiroir à couverts… Mais c’est lequel le tiroir à couverts ? Ah, oui ! Bon… Il peut alors couper le saucisson pour l’apéritif. Mais c’est tout !
Dans le dortoir, faire les lits… Ce n’est pas non plus son truc ! Et puis, il va se tromper… Ce ne sera pas bien fait… De tout façon, je ne suis jamais contente… Donc, il vaut mieux que je le fasse moi-même !
Dans la salle des machines… Alors là, il devrait intervenir en pro, avec tous ces modes d’emploi compliqués élaborés par des ingénieurs ! Il faut être sorti de Polytechnique pour comprendre… C’est pire qu’un meuble en kit Ikéa ! Et bien là non plus, il n’ose pas se lancer ! Et c’est Bibi qui met le linge sale dans la machine, qui joue du fer à repasser, qui fait chauffer le four, qui vide le lave-vaisselle, qui dégivre le réfrigérateur, qui utilise au mieux les capacités de son aspirateur…
Sa mère ne lui a donc rien appris ? Personne ne lui a montré comment on fait la vaisselle ?! Je suis sûre que si, ne serait-ce qu’au service militaire, où la corvée collective est de rigueur ! Ce n’est donc pas une question d’éducation… Alors quoi ?
Est-ce de la fainéantise ? Est-ce le côté peu gratifiant de la chose qui fait reculer l’homme ? Non, car il sera le premier à descendre les poubelles, si on le lui demande. Il est important pour lui de montrer qu’il est là, toujours prêt à rendre service (pourvu qu’on le lui demande !). Sortir la poubelle est une tâche ingrate mais très symbolique ! Une tâche symbolique et remarquable pour se permettre de pas en faire lourd… Cependant, Chéri ne rechigne pas à la tâche. Ce n’est donc pas la bonne explication. Mais quoi alors ?
En fait, il s’avère que, depuis la nuit des temps, une bonne épouse se doit d’être aussi une femme d’intérieur. Elle soigne son « home sweet home » avec tant d’attention… Nous sommes toutes des Bree Van De Kamp en puissance ! Mais il faut bien avouer que nos activités ménagères sont assez répétitives et deviennent vite des corvées quand on en a marre !
Voilà donc l’Explication (avec un grand E) ! La différence profonde entre les hommes et les femmes !
A celles-ci, les tâches d’intérieur. A ceux-là, les tâches d’extérieur… c’est-à-dire jardiner, laver la voiture, préparer le barbecue… Oui, oui… Vous avez remarquez comme la préparation d’un barbecue requiert énormément, et exclusivement, de compétence masculine. Même si vous invitez des amis, toutes les femmes se retrouvent à la cuisine… Et tous les hommes sont autour du barbecue, tels de vrais fils de Néanderthal, concentrés et inquiets… Un verre à la main… Se demandant si le feu va prendre… Ah, les discussions vont bon train !
Au bout de combien de temps y aura-t-il des
braises ?… Des avantages comparés de la bûchette et du charbon de bois…
Comment bien choisir son charbon… Tout sur l’allumage facile… Quelle
température pour bien saisir la viande ? …Oooouh ! Cela peut bien
prendre une heure ou deux ! Voire trois si le temps ne s’y prête pas !
Au final, la maîtresse de maison a pris la précaution de faire le ménage la veille, de faire les courses le matin même, de préparer le dessert avant l’arrivée des invités, de mettre le couvert, et, elle n’a plus qu’à préparer l’apéritif et les brochettes avec ses copines… Et ça papote, et ça papote… Un vrai poulailler cette cuisine !
Enfin, on peut se mettre à table et refaire le monde… Puis, je prépare le café et je débarrasse la table. Je sert le café, fait la vaisselle et range la cuisine, pendant que Chéri laisse le barbecue en place pour ne pas risquer d’accident au cas où il y aurait encore des braises chaudes…
Le soir, les invités sont partis. Je range le barbecue et le charbon de bois. Chéri me demande alors si j’ai apprécié de ne pas faire la cuisine, pour une fois… Il conclut à mon air dubitatif que je ne suis vraiment jamais satisfaite.
Sacré samedi ! J’aime bien le samedi… Même un samedi d'automne un peu frais !
Par Kriska, Dimanche 2 Decembre 2007 à 08:13 GMT+2 dans Humeurs et coquecigrues ! (article, RSS)







